Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 20:23
Bonsoir tout le monde !

Oh, là, là quelle vie je fais mener à papa et maman depuis quelques jours ! Je suis un peu chafouine, chagrin, grognon (a vous de choisir l'expression qui convient). J'ai une dent qui perce, à moins que ce ne soit même plusieurs dents qui percent !

Vendredi dernier j'ai fait de la fièvre, en même temps avec la nuit de jeudi à vendredi que j'ai passé, cela n'était pas étonnant. Réveillée toute les heures ! A 5h30 maman n'en pouvant plus, elle m'a changée, désaltérée, mis du gel dentaire pour atténuer d'éventuelles douleurs, et a fini par se recoucher avec moi dans le grand lit de papa et maman. Je ne voulais plus la quitter ! ... Résultat, après encore une heure de pleurs entrecoupés de quelques 1/4 d'heures de sommeil, on a fini par tous se rendormir comme des loirs... jusqu'à 9h. Panne de réveil !

Samedi, a été une journée plutôt cool. J'ai été sympa, sauf que je me suis réveillée très tôt ! Dimanche, c'était à Papa de s'occuper de moi le matin, mais j'ai pas arrêté de râler, de pleurer... Maman n'arrivait pas à se rendormir ! Résultat, on était tous debouts à 9h00 !

Lundi, la journée s'est bien déroulée. Hier aussi, jusqu'à se qu'on rentre de chez la nounou. Après maman a du supporter mes pleurs jusqu'à l'heure du dîner. 45 minutes de larmes, de spasmes de pleurs : sans comprendre ce qui n'allait pas. Cela a beau faire presque 13 mois que je suis sur cette terre, je suis encore une incomprise ! Elle m'a mis du gel pour les dents, m'a donné mes doudous, m'a donné ma timbale avec de l'eau pour que je boive. J'avais peut-être seulement faim, car après le dîner, plus de pleurs ! Pfiou ! Mais comme j'étais bien fatiguée (maman aussi, et surtout) je me suis couchée à 20h pile ! ... sans pleurer !

Parole d'enfant : "Quand maman est fatiguée, pourquoi c'est moi qui doit aller se coucher ? "

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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 20:41
Maman raconte ...

Marche-RER-boulot-RER-marche... dodo !

Voilà en quelques mots ma première journée de reprise. Trop crevée pour en dire plus ce soir. Je laissait juste un petit article pour marquer cette journée d'une pierre blanche.

J'ai juste la tête comme une citrouille et l'impression de commencer un nouveau job. Toutes les procédures ont changé ou presque depuis que je suis partie et beaucoup de personnes ont changé de poste ou sont parties... Résultat, faut que je réaprenne tout !

... je vais donc manger vite fait et retrouvé mon petit lit douillet. Tant pis pour le récit de ma journée à mon chéri ! Ce sera pour mercredi soir ... ou ce we, quand j'aurais récupérer ! Parce demain, malgré tout je remet ça !

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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 11:58
Maman raconte ...

Ah, les collègues !
Je les ai revus, hier, pour une petite visite express et un déjeuner avec l'équipe.

C'est "drôle", si on peut appeler ça "drôle"... l'attitude que chacun a face à moi, à mon retour et face à ma coupe courte, dernier "signe" de ma maladie. On distingue plusieurs catégories.

La première catégorie sont ceux qui par gentillesse, sincérité et amitié me disent que ma nouvelle coupe  me va bien, qu'ils sont contents de me revoir, voire même ils expriment un réel enthousiasme. Cela fait plaisir, cela redonne la pêche et permet d'aborder les prochains jours avec sérénité et plaisir. Ce sont également eux, qui me glissent à l'oreille : "si ça va pas, tu le dis, on sera là". Ceux là sont les vrais alliés, les vraies relations de travail, sincères, amicales et absolument indispensables. Un vrai soutien. A entretenir.

La seconde catégorie sont les "inquiets"... ou ceux qui demandent dix fois si ça va, si je suis contente de reprendre, si le boulot, les trajets ne me font pas un peu peur. Ceux-là sont à "bannir" de mes futures relations "amicales" au sein du bureau... Trop nocifs, trop pessimistes ... une vraie vague à vous entraîner vers le fond ! Ma réponse était à chaque fois positive et tournée vers l'avenir et pleine d'espoir, et souvent, cela permet de dédramatiser les choses. Même si ces personnes finissent par vous croire, je sais que ce seront les premières que je devrais rassurer les jours où je paraîtrais moins bien. Mais également celles auxquelles je ne devrait pas mentir quand ce sera vraiment un jour de "moins bien".

La dernière catégorie sont les "je sais pas trop quoi dire ou quoi penser"... Ils n'évoquent pas la maladie, ni les conditions de reprises, ils se cachent derrière leur histoire personnelle ou le boulot. On les sens un peu "gênés" par ma nouvelle coupe et par le fait de me retrouver après cette épreuve. Ce sont eux je pense qui on le plus d'a priori, de tabous par rapport au cancer, aux traitements etc. Pas facile alors de parler aussi de soi, de l'avenir, de positiver par rapport à eux. Parce qu'ils ont du mal à croire un discours positif, même s'il est absolument sincère !

Bref, je pense en apprendre encore beaucoup sur l'attitude de chacun et sur la façon dont les gens appréhendent la maladie, la douleur, et la mort. Parce que mine de rien, dans beaucoup d'esprit, le cancer évoque la mort. Et... n'est-ce pas réflechir sur la vie et le sens que nous lui donnons que de penser à la Fin !

Voilà. De grandes leçons à apprendre dans les semaines et mois à venir. En espérant que les soucis matériel, d'organisation ne viendront pas gâcher cette reprise, qui malgré toute l'appréhension qui l'accompagne, est pour moi, comme une renaissance !

PS : petit ajout et éclairage ... je comprend tout à fait l'attitude des gens quelle que soit la catégorie dans laquelle ils se trouvent. C'est juste que c'est nouveau pour moi. Jusque là j'avais à faire aux médecins, au corps médical en général et à mes proches, c'est tout. Et les réactions sont dans ces cas-là tout à fait empruntes d'affection et de soutien inconditionnel. Mais je ne pensais pas découvrir ce que j'ai découvert hier. Je pensais naïvement sans doute, que tout le monde serait (presque) dans le même état d'esprit que le mien (càd tourner la page, et passer à autre chose) et je ne pensais pas susciter autant de réactions si différentes. Moi-même je me suis retrouvée parfois mal à l'aise face à des personnes ayant vécu des choses difficiles. Je ne me souvenais pas combien cela pouvait être difficile de cacher son malaise et de ne pas paraître maladroit. Mais les prochains jours je tacherais de m'en souvenir !

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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /2009 11:30
Maman raconte ...

"Le passé m'effraie, l'avenir me fait peur. Heureusement qu'il y a le présent". [Philippe Geluck] Extrait de la bande dessinée "La vengeance du chat"

Et, oui, dans quelques jours, une semaine pour être précis, je serais de nouveau au boulot ! A Montrouge. Cela veut dire : un emploi du temps sérré, minuté, un rythme d'enfer et une vie que je n'ai pas vécue depuis plus d'un an maintenant. Aïe, aïe, aïe, j'avoue éprouver un peu d'appréhension.

L'emploi du temps quotidien sera minuté, comme suit :

1ère journée : celle d'assistante commerciale ...
6h : Levée, douche, café, tartines - sans faire de bruit pour ne pas réveiller Camille et son papa -
6h45 : départ pour la gare
7h01 : RER
7h45 : arrivée à Cité Universitaire, marche d'1/4 d'heure pour Montrouge
8h : début de la journée de boulot
[...]
17h : départ du boulot
17h15 : RER
18h10 : marche à pied ou bus pour la nounou
18h20 : arrivée chez la nounou

2ème journée :  celle de maman !
18h40 : bus jusqu'à la maison
19h : bain de Camille
19h30 : repas de Camille
20h : couché de Camille.

OUF ! ... petite pause ...

3ème journée :  celle d'épouse, de maîtresse de maison... si je suis pas trop crevée !
20h15 : arrivée de Bruno - préparation repas
21h30 : fin du dîner, rangement cuisine et touti quanti
21h45 : pause
22h30 : préparation journée du lendemain
23h : couchée... parce que levée à 6h00, il me faut au moins 7h de sommeil !

Ce sera dur les premiers jours, pour sûr. Et encore, je n'ose même pas imaginer le rythme que j'aurais au bureau. Les allers-retours, les réunions, les problèmes urgents à régler, les dossiers merdiques qui vous bousillent une journée et les collègues stréssés qui réussissent à vous transmettre leur stress, alors qu'il n'y a pas de raisons et qui font en sorte que vous culpabilisez de rentrer "si tôt" chez vous pour aller chercher choupinette. Bref, les joies d'une femme du XXIème siècle !

Et si tout ça me donnait des envies "d'autre chose"... Si tout ça me permettait de me poser les bonnes questions. De quoi ai-je envie de faire de ma vie ?! ... Réponse dans quelques jours. Est-ce que ce rythme fou me conviendras ?! Ne me dégoutera pas définitivement de la région parisienne et de concilier vie de femme active et vie de maman ?!

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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /2009 15:38
Maman raconte ...

Mercredi 24 septembre 2008 - 15h38
Il y a un an, jour pour jour, heure pour heure, Camille posait pour la première fois ses yeux sur notre monde. Elle nous rendait les plus heureux du monde. L'accouchement, bien que long à arriver, s'était bien déroulé, la sage-femme et toute l'équipe nous avait bien entouré et avait trouvé cette naissance très chouette. La sage-femme m'a même dit "si tous les accouchements pouvaient se dérouler comme le vôtre, ce serait super !"

On a passé deux longues heures avec Camille en salle de travail. Elle a bien têtée. S'est réchauffée contre moi, en peau à peau. Je crois qu'il n'y a rien de plus magique que ces instants là. Et pour l'occasion j'aimerais citer une chanson de Zazie, même si elle ne parle pas de naissance, les paroles s'y prêtent tout à fait.

"Tes yeux, ta voix, tes mains sur moi, toujours ça reste là
Le jour et l'heure, ta peau, l'odeur, l'amour ça reste là
C'est fort encore
[...]
Mais ça ne s'oublie pas
Ne s'oublie pas, ça
Je n'oublie pas"

Non, je n'oublie pas ces premiers instants qui fondent une relation forte entre une maman, son enfant et le papa. Nous ne nous doutions pas que l'année à suivre serait un peu spéciale, et que ces liens si fort seraient encore plus importants à nos yeux et qu'ils seraient notre force à nous trois pour combattre les épreuves auxquelles nous allions être confrontés six semaines plus tard !

Indéniablement, la naissance de Camille sera liée à cette période si difficile de l'annonce de mon cancer. Mais j'ose espérer qu'avec le temps nous reussirons à garder que les bons souvenirs de ces premières semaines à trois ! Même si la maladie nous a volé ses instants d'innocence, de plénitude et de fusion !

Pour se remémorer cette année écoulée, voici un petit montage des meilleures photos de la première année de Camille !


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